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Le Musée Imaginaire de Catherine Millet

Avec Le musée imaginaire de Pierre Cornette de Saint-Cyr,  nous inaugurions l’an dernier au sein de DRAWING NOW PARIS l LE SALON DU DESSIN CONTEMPORAIN un nouveau concept que nous annoncions vouloir décliner sur le temps. Fidèle à l’idée de mettre en exergue le dessin quels que soient son intention et sa matérialité, nous avions imaginé ce concept, emprunté à Malraux, afin d’inviter des personnalités à constituer ce que serait pour eux leur musée idéal en ce domaine.

Figure majeure et incontournable de la scène artistique contemporaine, Catherine Millet a accepté de jouer le jeu cette année 2012, une année d’autant plus chargée pour elle que c’est celle de l’anniversaire des 40 ans de la revue Art Press dont elle est l’une des fondatrices. Si avant-garde et fidélité sont les deux mots qui caractérisent au plus juste le rôle essentiel qu’elle a joué au cours de ces nombreuses années, il en est un autre qui l’honore, c’est la discrétion.

La créatrice d’Art Press est paradoxalement quelqu’un qui sait prendre son temps – comme elle l’a pris avant de se faire un nom en tant qu’écrivain à part entière. Cette qualité s’accorde parfaitement avec le dessin qui est un exercice essentiel. Le choix qu’elle a fait pour son musée imaginaire ne manquera pas d’en surprendre plus d’un, partagé qu’il est entre classicisme postmoderne et invention plastique.


Philippe Piguet, Directeur artistique de Drawing Now Paris


 

"Est-il avouable, dans le cadre de ce salon, que lorsqu’il m’a été demandé d’écrire ces quelques lignes sur la façon dont j’envisageais le dessin, je suis d’abord restée… perplexe ?

Depuis que je fais ce métier de critique d’art, ai-je jamais isolé cette pratique des autres pratiques que je suis amenée à commenter ? D’autant qu’ayant fait mes classes au temps de l’art conceptuel, j’ai alors beaucoup regardé les graphiques mathématiques de Bernar Venet, les pages d’écriture de Hanne Darboven, ou encore les photographies des perspectives corrigées de Jan Dibbets ? Traditionnellement, le dessin était souvent le domaine que l’artiste réservait à la recherche, son moment d’hésitation, mais le work in progress qu’est un dripping de Pollock n’intègre-t-il pas, en même temps qu’il la rend obsolète, cette fonction ? 

Si je m’en tiens à une définition a minima du dessin au travers de son caractère graphique, alors il me faut bien reconnaître qu’un "Concetto spaziale" de Fontana, un tableau à la bombe de Martin Barré (lui qui ne dessinait jamais sur papier), sont au plus près du geste de l’artiste, et que les mots attrapés dans un filet d’Annette Messager et les monumentales sculptures que réalise aujourd’hui Venet sont des occupations graphiques du mur et de l’espace tridimensionnel. 

En vérité, le dessin contemporain, relié qu’il est non plus seulement à la peinture et à la sculpture mais aussi à la performance, à la vidéo, et bien sûr à l’informatique, réalise le maillage de tous les supports et de tous les modes d’expression que s’est donnés l’art contemporain.

Catherine Millet

 

 






QUELQUES IMAGES DU MUSEE IMAGINAIRE DE CATHERINE MILLET...

PIERRE KLOSSOWSKI, 1975, Les magiciennes romaines, crayons de couleur sur papier, 155 x 130 cm, Collection privée.
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BERNARD OLLIER, 2011, Portrait de regard, photo recouverte de graphite, 100 x 72 cm chacun, Collection J. Henric et C. Millet.
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DIOGO PIMENTAO, 2011, Duchrome (trace), Gesso, acrylique et graphite, 190 x 130 cm chacun, Courtesy Galerie Yvon Lambert.
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Au 1er plan: BERNAR VENET, 2007, Straight lines, pastel sur papier, 123,5 x 93,5 cm, Courtesy Bernar Venet Studio. A l'arrière: BERNAR VENET, 2011, 40 straight lines, acier patiné, 13 x 121 x 50 cm, Courtesy Bernar Venet Studio.
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OTTO MUEHL, 1992, Hommage à Egon Schiele, craies à l'huile, 86 x 61 cm, Archives Otto Muehl.
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PIERRE WEISS, 2011, La pisse ou la trace du lémurien, encre, plexiglas, bois, 180 x 50 cm, Collection de l'artiste.
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Vue d'ensemble.
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BERNARD DUFOUR, 1966-67, Portraits glacés 1, 4 et 5, lavis d'encre de Chine sur papier calque, 56,5 x 47,5 cm chacun, Collection de l'artiste.
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TATIANA TROUVE, 2007, Untitled de la série Intranquility n°7 et n°8, crayon sur papier, cuivre, vinyl, 76 x 112 cm chacun, Collection MJS, Paris.
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MARC DESGRANDCHAMPS, 2011, Sans titre (terrasse et collines - dessin sur le motif), stylo feutre et pointe fine, 24 x 32 cm, Collection de l'artiste, courtesy galerie Zürcher.
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ERIK DIETMAN, 1988, sans titre (Retour de Corée), technique mixte sur papier, 74,7 x 127 cm, Courtesy Galerie Claudine Papillon.
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